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 Voilà la suite chers lecteurs, (ou cher lecteur s'il y en a au moins un...!), en tout cas nous ne perdons pas l'espoir d'intéresser quelqu'un. Fin du premier chapitre :
Marlène rentra du travail ce vendredi soir. Il était déjà dix sept heures. A peine installée à ses côtés dans le lit Julien lui sauta dessus et l'assomma d'un flot de paroles survoltées. C'était tout juste si le petit bisou du soir n'avait pas disparu sous le chantier dans lequel se trouvait son esprit tout excité.
« Franck a appelé tout à l'heure. On part à Cayenne dans une demie heure on va chez lui.
_Ah… ?
_Et oui sa copine va acheter son déguisement de touloulou elle te propose de venir avec elle tu verras… ! »
En guise de réponse ce fut à un regard noir et un silence pesant comme il les détestait auquel il eu droit. Il rompu alors cet instant difficile :
"Mais ma chérie qu'est-ce qui ne va pas on avait dit qu'on le ferait ce carnaval et ce soir t'as l'occasion de devenir un touloulou…
_Oui mon chéri mais on avait dit aussi qu'il fallait voir d'abord comment ça se passait. »
Un nouveau silence arriva mais Julien le brisa à nouveau :
"Et si on allait fumer une clope ?"
Alors qu'ils tiraient profondément sur leurs tiges il se rendit compte que ce qu'il venait de faire s'apparentait à une agression verbale en bonne et due forme. S'il avait pu la laisser souffler un temps soit peu. C'est vrai elle rentrait du boulot elle voulait se poser, comme elle aimait à le dire après de telles journées et lui, et lui…ce fichu Carnaval l'obsédait. Le coup de fil de Franck n'avait fait que décupler une excitation déjà naissante devant la nouveauté. Non seulement ils allaient enfin sortir, brisant cette petite routine agréable des samedis soirs passés devant l'écran vidéo de l'ordi, mais en plus ce coup de fil un peu surprenant (il voyait Franck tel un simple collègue bien sympa sans être un proche) rendait les choses plus palpables et lui laissait entrevoir la suite des événements : sa chérie en touloulou, le week-end à faire la fête, enfin une sortie en groupe avec des gens sympas et marrants,… ! Il faut dire qu'à Nice, leur première année de vie commune ne leur avait pas laissé un souvenir impérissable sur le plan vie sociale.
Julien se décida à faire son mea culpa :
"Je suis désolé de t'avoir bousculé ma pupuce…je sais que tu rentres juste du boulot…
_Ben ouais c'est surtout ça, lui assura-t-elle d'une voix onctueuse, et de toute façon je ne pouvais pas réfléchir il fallait que je me pose.
_Je sais. Excuse-moi d'avoir été aussi cash ! Mais c'est l'occasion. Francky a appelé, ils veulent nous faire découvrir le carnaval. »
Ils fumaient leurs clopes et ponctuaient chaque bouffée d'un long soupir de plaisir et de détente assis par terre et enlacés. Le chien jouait à leur côté, trop content de les voir enfin réunis dehors sur la petite terrasse.
« Wouffie, arrêêête, gloussa Marlène ! »
Et elle ajouta qu'elle était d'accord pour aller voir. Enfin, si elle pouvait voir les robes, réfléchir, regarder, réfléchir, évaluer la situation, revoir les robes, réfléchir encore et ensuite décider.
Mais allait-elle finalement louer cette robe et danser ? Ca, rien n'était moins sur...
Julien sentait en elle ce besoin d'être rassurée. Si vous prenez la fille qu'il aime : Marlène et que vous l'associez à l'adjectif «timide » vous constituez là un parfait euphémisme. Autant dire que la tâche de transformer sa chérie en touloulou reine d'un soir ne relevait pas d'une mince affaire. Surtout quand il faut inviter des inconnus à danser. Surtout quand vous êtes censée mener le bal et que vous croyez danser comme un éléphant apprenti funambule ! Mais pour ce qui est de mettre sa chérie en confiance il avait quelques tours dans son sac. S'il ne s'en rendait pas vraiment compte, c'était en partie avec son soutien qu'elle avait pu s'improviser enseignante alors même qu'elle ne possédait aucune expérience dans le domaine. Il lui avait fait croire en elle tout naturellement en insistant sur le caractère unique de l'occasion qui se présentait à elle. Il lui assura qu'elle le pouvait vraiment, à condition de bien organiser son travail. Aussi lui parla-t-il de lui-même, de ses difficultés. Et Dieu sait qu'elle les avait endurées ses difficultés quand l'année précédente, le long de la Belle Bleue, il s'était englouti dans un profond trou noir professionnel. Leur petit bout de vie à deux leur avait permis de surmonter bien des obstacles, de dépasser bien des limites ou des inhibitions. Cette voix qui nous permet de croire, d'espérer, ou simplement de relativiser le poids de nos échecs, est si précieuse.
Ainsi, l'argument qui avait fait penché la balance fut qu'aucune femme non toulouloutée ne pouvait accéder au bal. Si Marlène ne se faisait pas touloulou ce soir, ils se seraient vus contraints d'occuper les rôles de spectateurs. Et franchement, payer les entrées pour voir les gens s'amuser jusqu'à en avoir la tremblote de frustration, pas génial !
Mais au-delà de ces considérations il restait sincèrement convaincu qu'elle ferait un très bon Touloulou. Pour lui cette fille est capable de tous les exploits pour peu qu'elle prenne confiance en elle.
« Bon alors, on file chez Franck dans une grosse demi-heure, je vais l'appeler puis j'aimerai bien me doucher si tu n'y vois pas d'inconvénients.
_Fais, fais. »
C'était un de ces petits jeux qu'ils affectionnent : se raconter leurs projets immédiats jusque dans les moindres détails et se demander des permissions inutiles. Elle ajouta :
« Et Franck tu le connais bien ? Et sa copine ?
_Non pas tant que ça mais il est cool tu verras. Sa cop' non mais elle est d'ici tu vas voir elle va te driver elle est ok pour te montrer ils nous feront un topo du carnaval. Je vais appeler Francky pour voir où c'est. »
Il appela son jeune collègue qui lui expliqua comment aller chez lui et le mit au parfum quant au programme de la soirée :
« Non, dit lui qu'elle s'en fasse pas (à propos de Marlène) Annick lui expliquera et…
_Vous nous ferez un exposé ?
_Ouais, dit-il en rigolant, on vous fera un topo complet : la soirée, les robes, la musique…
_Mais ça coûte cher ces robes, demanda Julien dont le côté pragmatique avait parfois le don d'en énerver certains."
Mais pas Franck visiblement. Il était cool, un peu comme d'habitude quoi :
« Mais non en fait tu les achètes pas ça coûte trop cher, tu les loues c'est vingt ou quarante euros je crois. Bon vous passez quand ?
_Ben ché pas tout à l'heure…d'ici six heures ?
_Okay, dis lui de pas s'en faire elle ira voir les robes avec Annick et puis elle verra.
_Ok ça marche merci collègue à toute.
_Ciao Ju. »
Ils prirent la direction de Cayenne une demi-heure plus tard.
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 Touloulou La Crèche !
Préface : Nous avons passé un si bon WE qu'au lieu de vous le raconter en quelques lignes, je me suis lancé (carrément !) dans l'écriture d'une petite nouvelle sur le thème du Carnaval Guyanais et des Touloulous. Il y a du vrai comme du faux, ou de l'exagéré en tout cas. Si vous avez quelques minutes à nous consacrer, lisez cela tranquillement et donnez nous vos impressions. Il n'y a rien qui nous ferait autant plaisir, même des critiques ! Voilà un petit début. J'en ai écris un peu plus mais je ne voudrais pas vous assommer et vous faire fuir ! On vous aime...et on est heureux.
Chap.1 : Une réputation entachée
« J'espère que nos proches viendront un jour pendant le Carnaval car on aura beau leur expliquer en long, en large et en travers, ils ne pourront jamais comprendre sans venir le voir.»
Il faut venir le voir.
Mais avant qu'elle ne mette un point final à ce week-end magistral par cette pensée qui résume tout, il fallait que tout s'assemble dans leur petite tête…
La première discussion autour de ce gigantesque événement avait semble-t-il rapidement tourné au vinaigre. La salle des professeurs du collège de Julien s'était faite depuis peu le lieu de débat entre les tenants d'une fête traditionnelle ludique tout à fait respectable et les sceptiques préférant goûter aux joies d'une vie plus saine et moins transpirante, loin de ce qu'ils considèraient sans doute comme une dépravation masquée. Les premiers louaient ainsi les mérites des bals costumés où les touloulous s'amusent de leur anonymat et des pouvoirs que cela peut leur offrir. Les autres dénonçaient la part immorale et un peu malsaine de ce que peuvent comporter des danses collées au possible contre de parfaites inconnues.
Deux facettes des soirées carnavalesques permettent d'entretenir la confusion. Le jeu du « je te vois mais tu ne me vois pas », d'abord. Fou comme elles se languissent de cet anonymat et se dandinent ostensiblement sur les rythmes effrénés ces dames toutes déguisées ! S'offrant à chaque instant de la soirée qui leur est vouée le luxe du choix de leur cavalier. Devant ces cohortes d'hommes aux yeux dégoulinants d'envie, ces belles de nuit passent leur chemin jusqu'à désigner un heureux prétendant et l'emmener de leur main gantée sur la piste multicolore. La femme de tous les jours, la femme jugée partout : chez elle, à son travail, dans la rue, cette femme du jour, quand elle prend le statut de touloulou absolument méconnaissable s'attribue tous les droits. En position de force elle se transforme en l'une des mille reines de cette grande fête où les hommes paraissent nus comme des vers à côté d'Elles.
Ajoutons pour nos lecteurs aussi novices que Julien le demeurait à cet instant que les danses simulent bel et bien l'acte sexuel lorsqu'il s'agit d'un de ces nombreux piqués, ou lorsque les corps se déhanchent dans des collés endiablés. Autrement dit, et il faut être clair là-dessus, les danses du bal ne sont pas chaudes en elles-mêmes, mais TRES chaudes, et c'est là le deuxième point de désaccord. On pourra objecter que ces piqués/collés font partie de certaines danses mais ce n'est pas le cas. Absolument toutes les danses du carnaval sont chaudes. Dans la pensée des réfractaires, comme peut-être dans celle de Julien, il n'y a qu'un pas à franchir entre ces danses déguisées et les galipettes en voiture quelques instants plus tard.
Ce fut donc dans un contexte où les idées étaient partagées que Julien croisa Rachelle, une jeune collègue :
« Alors Julien, tu vas au Carnaval, tu emmènes ta chérie avec toi, lui dit-elle.
_ Euh…, avec Marlène ? Euh je sais pas c'est chaud quand même c'est p'têtre pas trop l'genre de truc à faire en couple, non ?
_ Ah bon mais pourquoi ?
_ Ben ché pas, répondit-il la tête bien encore dans le cul comme tous les mardis matins (cela se voyait à sa manière d'aligner quelques mots les uns après les autres), c'est p'têtre un peu chaud d'y aller en couple c'est quand même (il réfléchit)…un peu sex toute ct'affaire…
_Quoi, répondit Rachelle, outrée, mais qu'est-ce que tu dis là ? Le carnaval on s'amuse tu peux faire ta soirée et ta copine aussi et après vous vous retrouvez et tu sais pas qui elle est. Tu devines. C'est marrant ! ! Et après si tu l'as pas reconnu c'est elle qui te surprend ! "
Elle aurait été directement embauchée dans le dernier spot télévisé pro-Carnaval.
" Mais, comme l'Ancien dit ça fait un peu penser à une boîte à partouzes, non ?! " plaisanta Julien.
Croyant qu'il la ferait au moins sourire, il réalisa vite qu'il venait de dire sa plus grosse connerie depuis la rentrée. Vu le caractère Sacré du Carnaval pour les locaux, il valait encore mieux prétendre à un Chinois que le riz c'est de la gerbe en boîte…
" Quoi ! Mais Julien ne dit pas ça, mon Dieu tu vas te faire enfoncer si tu dis ça, tu sais tu vas te faire, mais Enterrer. Julien, mon Dieu ne dit jamais ça à personne ici !
_ Mais, tenta-t-il d'argumenter pour limiter la casse, c'est Rich, c'est l'Ancien qui déconnait là-dessus ! Et puis, quand même y'a beaucoup de grossesses après le Carnaval on peut pas l'ignorer ! "
Rich, ce vieux sale, toujours au fait des blagues les plus débiles ! Et, en l'occurrence le débile s'appelait maintenant Julien.
"Mais les gens savent avec qui ils couchent et sont consentants. Et responsables ! Bien sûr il peut y avoir des débordements mais c'est comme partout !
_Et puis les danses sont collées, s'enfonça-t-il un peu plus, les filles peuvent toucher les mecs.
_Mais oui, bien sûr qu'on touche les mecs, il faut toucher, c'est la danse c'est le collé/piqué.
_Le mieux c'est que l'on essaye, on commencera d'abord par aller voir et après…
_Ouiii allez voir, dit Rachelle, une pure Guyanaise face à un pur idiot, mais ne dis pas ça parce que tu vas te faire enfoncer. Ne dis pas du mal du Carnaval comme ça parce que tu vas te faire taper sur les doigts et je serai la première.
-Oui ok ok j'irai voir, je me ferai une idée, mon idée et on en reparlera c'est le mieux."
Rachelle prit alors congé et le maladroit qu'il était ne put que mesurer l'étendue des dégâts. Fallait-il qu'il brise son image de marque, qu'il mette son égo en péril pour une remarque à la con qui ne venait même pas de lui ? Déjà qu'il lui demeurait difficile d'assumer n'importe quel conflit humain... Il se mit à craindre pour son intégration, pour son bien être social dans le collège, dans la Guyane, dans sa vie. C'est fou ça, incroyable ! Une simple méprise et on a peur de se mettre la Guyane à dos. Mais l'esprit est bien complexe dans ses méandres les plus obscurs et, pour Julien, de l'aisance intégrale à la confusion totale il n'y a parfois qu'un pas. Ou comment une conversation qui tourne mal le faisait maléfiquement transiter d'un état à un autre. Se refermant sur lui-même il tenta de se ressaisir et de garder la maîtrise de ses émotions. Il avait trouvé que ce truc là -la mâitrise de ses émotions- constituait la meilleure réponse à ce genre de mal être éprouvé parfois dans ce genre de situation. Il songea sérieusement à aller dans ces soirées. Au moins aucune idée débile ne lui traverserait l'esprit à un si mauvais endroit que devant une Guyanaise pure souche. Et au moins il saurait à quoi s'en tenir. Il n'aurait plus à défendre son point de vue par des arguments douteux et des vannes pourries et déplacées empruntés à d'autres. Il irait, il verrait. Et si, en plus de tout cela, ils pouvaient y trouver du plaisir alors...
C'est dans l'sac mon coco ! C'est décidé ce week-end il emmène sa femme au carnaval et…qui vivra verra !
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Cher Papounet, je pense à toi à chaque fois que je m'asseois dans cette petite pièce magique et sombre...
P.S. : Ca t'apprendra à jamais laisser de commentaires ! ! !
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| Rien ne tourne bien rond autour de nous. Carlos, prince de l'Oasis et fils du homard complexé, n'est plus des nôtres. Tout un symbole qui disparaît. Le Roi de France et ses ministres veulent nous enterrer à coups de flexsécurité - et pourquoi pas "alcoolosobriété", "blanchenoireté", "salepropreté"? Ou comment essayer de faire ramasser la savonette à un maximum d'entre nous. D'ailleurs, les travailleurs de la "France d'en bas", ceux qui ont le plus de mérite à mes yeux, commencent à saisir la méprise dont ils ont été victimes, ça c'est une bonne nouvelle.
L'autre bonne nouvelle, ce sont ces pollueurs fous qui vont enfin payer, s'ils n'ont pas l'ignominie de faire appel. Avec un effort de naïveté on peut toujours y croire. Mais dur de ne pas être lâche quand tout paraît le demeurer autour de nous.
Dans ce monde qui se détruit de lui-même, nous menons sereinement notre vie à deux. Au temps des vacances et du laisser-aller se substitue celui du travail et des journées qui s'égrainent à la vitesse d'une étoile filante. Déjà bien occupée par son mi-temps de prof, Marlène effectue un stage de 26 heures à la C.A.F. de Cayenne ce qui lui vaut des journées hyper chargées. Et quand elle peut jouir d'un ou deux après midi de libre, elle les consacre à la rédaction de son rapport de stage. Ajoutés à cela le mémoire pro, et...mais oui toujours ces bon vieux cours du C.N.E.D., la boucle est bouclée.
Et Mana K.O. ! !
Les lycéens, tout d'abord. Commençons par le bon morceau : les petits secondes gentils et intéressés malgré leurs lacunes. La p'tite profette a réussi à faire régner son autorité sur ses sujets qui, après les traditionnels tests infligés aux nouveaux profs, se sont mis au travail. Surtout dès qu'ils ont vu à quelle brune caractérielle ils avient à faire ! C'est ainsi que les dernières copies corrigées peuvent attester de l'efficacité de ses efforts pour avoir l'air d'une prof crédible malgré le stress de la nouveauté. Les élèves lui ont fait confiance et Marlène kiffent les djeun's à présent. Enfin les secondes quoi...
Parceque les terminales, c'est pas une mince affaire. La vingtaine passée, et malgré leur droit le plus respectable de déserter les cours sans imiter la signature des parents, ils préfèrent rester en salle à ne rien foutre et pioncer. A croire qu'ils adorent quand Marlène vient les relancer. Ce sont les génies des excuses bidons avec au palamarès de la réplique number one "mais Madame c'est pas d'ma faute...". Gentils dans l'ensemble, tous respectueux à première vue, on dirait qu'ils aiment à faire criser notre nouvelle profette par leur manque surdimensionné de motivation et d'allant, traduit par de longs et pesants silences après chaque question posée. La méchante prof passe le plus clair de son temps à réveiller ces pauvres élèves. C'est vrai quoi les bureaux on est bien dessus pour dormir !
Bon un bilan un peu plus qu'en demi-teinte on va dire.
Le stage à la C.A.F. se caractérise par une clim' tellement puissante qu'elle a failli rendre malade notre petite chérie. Les journées dans les bureaux frigorifiques se composent de préparation et de réalisation d'entretiens avec des demandeurs. Le plus souvent ces personnes s'accompagnent d'un problème caractéristique et parfois des plus tristes (une femme s'est fait piqué 800 euros d'un coup après un retrait dans un quartier sombre de Cayenne) ou insolites (une autre ne connaît pas le salaire de son mari malgré plusieurs années de vie commune...triste aussi). Quand Marlène et sa conseillère en Economie Sociale et Familiale peuvent échapper à la vague de froid, elles effectuent des visites chez les gens. Et souvent ces gens sont des plus démunis, vivant dans des taudis bien pires que la pire cité crado de métropôle. Il y a peu de temps, elles ont eu accès à un logement dont les murs de taule, constuits au dessus d'un canal, se trouvaient être la résidence principale de moustiques porteurs de dengue une maladie locale qu'on espère bien ne jamais chopper un jour. Le rêve c'est quand tu vas pisser la nuit dehors et que tu te retrouves face à un caïman qui veut te croquer la stoukette. Si tu ne te fais pas étreindre à mort par un anaconda. Bref après ses récits du soir et le vidage de sac quotidien, on trouve que le manque de place dans notre petit bout de maison n'est plus un problème tellement gênant au final... Il y a bel et bien beaucoup de misère en Guyane. Cela fait mal mais nous fait prendre conscience de l'immense privilège d'avoir une vie professionnelle stable et un logement bien plus que décent. Même si dès fois, entre la télé, le lit, le gaz et les ampoules -ça va faire un mois qu'on s'asseoit sur le trône dans le noir, l'ampoule des toilettes indévissable !- qui claquent, les lumières qui marchent une fois sur deux, on aurait de quoi s'arracher les cheveux.
Marlène a commencé son rapport de stage mais que c'est dur de composer avec la fatigue. Elle entamme son travail sur un historique de la C.A.F. et sa tutrice lui demande déjà des comptes sur cet écrit. Tout va si vite et le temps nous glisse entre les doigts. Aussi sympathique que professionnelle, elle lui met la pression et se demande si elle va pouvoir conjuguer à la fois le stage et son contrat de prof à mi-temps. En marge de toute cette dévotion, le mémoire professionnel et les cours du CNED essayent de pointer le bout du nez. Mais hélàs trop peu de documentation en Guyane sur le sujet des grossesses précoces (et pourtant les lycées sont des usines à jeunes mamans) et si peu de temps pour les jolis fascicules du CNED. A moins de ne pas dormir mais dans ce contexte, 22 heures au lit est une limite à ne pas dépasser si on ne veut pas sombrer dans la folie.
A côté de cette fresque pittoresque que semble être la vie professionnelle de Marlène, il n'y a pas grand-chose à écrire sur les activités de Julien. Il passe son temps libre (c'est à dire tout son temps étant donné qu'il est prof) à jouer les lecteurs invétérés, faire des ptis plats et écrire des articles douteux sur le blog. Il aime à se prendre pour ce qu'il n'est pas : cuisinier expérimental (prenez votre élan, sautez l'Océan et venez goûter ma fameuse sauce maracuja ! !) ou écrivain du XXI ème Siècle en devenir. Bon au moins dans ce monde de fous le rêve est permis et Julien a des rêves. Dans l'attente impatiente de son rapport d'inspection il développe des qualités professionnelles d'adaptabilité en situation d'urgence grâce à une préparation de cours quasi nulle (bien au fait que la flexadaptabilité devient le maître mot des temps modernes). Ses rapports avec les élèves font de lui un homme heureux et épanoui dans son travail. Comme sa nana il kiffe les djeun's again. Il aime son collège et son travail, même si y'a des jours sans, comme le lundi et le mardi, soit plus de la moitié de son emploi du temps.
De retour en métropole dans une quinzaine de jour, il lui tarde de perdre trente degrés et de passer ses journées au lit entouré de ses pinguoins les plus chers. Mais s'il s'en sort indemme il aimerait beaucoup pouvoir revivre une soirée musicale avec son groupe de blues rock. Se faire une ou deux journées de ski-soleil (uniquement !). Se morfaler de raclette, tartifl', charlotte aux abricots, pates fraiches (trop chères ici), roast beef et bien sur le magrais au poivre vert de Patrice (j'en salive d'avance). Sans oublier une soirée au rhum avec Salim, Valoche, Tata et cie. Et bien sûr le bonheur de revivre le voyage en avion avec une compagnie aussi luxueuse que pas chère a laquelle il s'est abstenu de souhaiter une bonne année.
On vous embrasse bien fort toutes et tous.
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| Le challenge est fort : après ce footing d'une quarantaine de minutes en bord de Mer il faut récupérer et restituer les sotcks de glucides le plus rapidement possible !
Wouffie : ta mission, si tu l'acceptes, est d'avaler le contenu de ta gamelle en moins d'une minute trente, montre en main. Te sents tu prête ? "Woufff...wouhhh" nous assure-t-elle ! Inutile de traduire le language canin il est clair que notre petite vermine a hâte d'en découdre. Il suffit de la voir se déployer pour faire exploser le gros sac de croquettes que j'ai sous le bras pour en vider dans sa gamelle.
Okay on y va : le repas est prêt, le juge cale la vidéo (c'est du direct ), le fauve n'a pas besoin de se préparer il ne fera qu'une bouchée de ses quelques poignées de croquettes pour bébé chiens. Et trois...deux...un...FIRE !
Prenez le temps de charger la vidéo, les images parlent d'elles même. Et si vous voulez écrire des commentaires du genre "et c'est partiii la bête se jette sur sa gamelle sans l'ombre d'une hésitation...broyant les croquettes à une vitesse phénoménale, sans ménagement ! etc..." n'hésitez pas !
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